Quand les oiseaux choisissent le Baluchon
Les populations d’oiseaux diminuent dans les campagnes québécoises. La perte d’habitats, la monoculture et l’utilisation de pesticides figurent parmi les principales causes de ce déclin.
Grâce aux efforts de conservation déployés sur notre territoire, plusieurs espèces d’oiseaux affectées par la dégradation des habitats trouvent ici des conditions favorables et s’y portent remarquablement bien.
Au Baluchon, la protection des habitats n’est pas qu’une valeur : c’est un engagement concret.
Plusieurs espèces d’oiseaux en péril ou menacées trouvent dans nos champs et forêts des conditions favorables pour se nourrir, se reproduire et prospérer. Partons à leur découverte.

L’hirondelle bicolore
Autrefois très commune au Québec, l’hirondelle bicolore est aujourd’hui beaucoup moins abondante. Sa population a chuté d’environ 70 %, principalement en raison de la destruction des milieux humides et de l’utilisation d’insecticides qui réduisent ses sources de nourriture.
Au Baluchon, l’espèce se porte bien. Ses habitats de prédilection y sont préservés et aucun pesticide n’est utilisé. On l’observe fréquemment autour de la ferme, où plusieurs nichoirs ont été installés.
Le merlebleu de l’Est
Le merlebleu de l’Est a fortement souffert de la disparition de ses habitats naturels, notamment les pâturages, les champs en friche et les vergers. Heureusement, d’importants efforts de conservation à l’échelle nord-américaine ont permis à ses populations de se stabiliser, voire d’augmenter dans certaines régions.
Le retour du merlebleu au Baluchon ne date pas d’hier. Grâce à l’engagement de bénévoles locaux et au travail des pionniers de l’ornithologie France et André Dion, des dizaines de nichoirs ont été installés sur le territoire. Ces initiatives ont grandement contribué à la conservation de ce passereau coloré au chant mélodieux.
Le goglu des prés
Très commun il y a un demi-siècle, le goglu des prés est aujourd’hui devenu rare. La disparition des prairies naturelles et des champs en friche, la récolte hâtive des foins ainsi que le remplacement des fossés par des systèmes de drainage souterrains ont entraîné un déclin marqué de sa population. L’espèce est désormais considérée comme étant en situation précaire.
Au Baluchon, plusieurs couples nichent encore dans les prés où l’agriculture traditionnelle est toujours pratiquée, offrant ainsi un habitat favorable à cette espèce emblématique des milieux agricoles.

Le tyran tritri
Comme plusieurs autres oiseaux insectivores, le tyran tritri subit les effets de la perte d’habitat et du déclin des populations d’insectes. Au cours des trente dernières années, sa population a diminué de près de moitié.
Au Baluchon, plusieurs couples nichent chaque année, notamment autour des étangs de castors situés près de l’Éco-café.

La crécerelle d’Amérique
Le plus petit rapace du Québec a lui aussi connu un important déclin. Depuis les années 1970, sa population a diminué d’environ 30 %, principalement en raison de la perte d’habitats propices à la nidification et à la chasse.
Quelques couples nichent au Baluchon dans des cavités naturelles. Des nichoirs ont également été installés afin de favoriser l’établissement de nouveaux couples.
Le martinet ramoneur
Ce remarquable insectivore aérien, capable de dépasser les 110 km/h en vol, a vu ses effectifs diminuer de près de 90 % au cours des quarante dernières années. La disparition de ses principaux sites de nidification, notamment les grands arbres creux et les cheminées de bâtiments, explique en grande partie ce déclin.
Au Baluchon, les martinets ramoneurs profitent de la grande cheminée de la salle à manger pour établir une petite colonie et y élever leurs jeunes.
L’hirondelle rustique
Autrefois familière des fermes québécoises, l’hirondelle rustique connaît, elle aussi, un important déclin. La disparition des anciennes granges et étables de bois, remplacées par des bâtiments modernes en métal moins propices à la nidification, a contribué à la diminution de ses populations. À cela s’ajoutent la raréfaction des insectes et les changements dans les pratiques agricoles.
Au Baluchon, elle trouve encore des sites de nidification favorables autour des bâtiments agricoles et continue d’animer le paysage de ses vols rapides et élégants.
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